préparé par
L'Alliance stratégique des bibliothèques fédérales des sciences et de la technologie
Juin 2002
Table des matières
Le gouvernement du Canada a mis en oeuvre un ambitieux programme d'innovation en vue de faire passer le Canada du 15e au 5e rang des chefs de file mondiaux dans les activités de recherche et de développement (R-D) d'ici 2010. L'initiative Gouvernement en direct (GED) et d'autres efforts de financement ont été conçus pour affermir notre capacité d'innovation, rendre le Canada plus compétitif, favoriser les activités habilitantes pour les employés du gouvernement, et transformer la façon dont le gouvernement fait des affaires. Afin de donner suite à ces priorités, les dépenses fédérales globales destinées aux activités de R-D dans les sciences naturelles se chiffrent maintenant à 3,4 milliards de dollars et s'accroissent.
Le gouvernement fédéral compte actuellement 21 000 spécialistes - chercheurs, scientifiques, analystes de politiques et décideurs - qui travaillent dans les disciplines scientifiques, technologiques et médicales (STM). La capacité de ce groupe à réaliser de façon efficace des activités de R-D de haut niveau est essentielle si le gouvernement veut atteindre les objectifs qu'il s'est fixés dans le programme d'innovation, c'est?à-dire le Livre blanc sur l'innovation du gouvernement du Canada, intitulé Atteindre l'excellence et Le savoir, clé de notre avenir.
La clé des efforts de grande qualité en matière de R-D est l'accès homogène aux travaux de recherche publiés. L'accès homogène et équitable depuis le poste de travail aux revues électroniques de recherche du monde entier est maintenant la norme partout sur la planète pour le personnel des disciplines STM dans les universités et l'industrie. Les spécialistes des disciplines STM au gouvernement du Canada n'ont actuellement qu'un accès limité à l'information scientifique.
Par conséquent, les travailleurs du savoir au gouvernement fédéral sont mal outillés pour contribuer pleinement à l'économie du savoir, et le gouvernement fédéral n'est actuellement pas en mesure de relever la concurrence de façon à attirer et à recruter de nouveaux employés talentueux afin de remplacer les professionnels qui prennent leur retraite.
L'accès aux revues électroniques présente trois enjeux :
La possibilité limitée de consulter les revues électroniques depuis le poste de travail fait que les travailleurs du savoir consacrent plus de temps qu'il est nécessaire pour avoir accès à une information pertinente en temps opportun. Selon une estimation modérée, les recherches non productives qu'effectuent les spécialistes des disciplines STM représentent en moyenne 24 millions de dollars par année, ce qui se chiffre à 96 millions de dollars sur quatre ans.
L'Alliance stratégique des bibliothèques fédérales des sciences et de la technologie recommande la création de la Cyberbibliothèque scientifique fédérale. L'Alliance recommande également de former et de financer un Bureau de la Cyberbibliothèque scientifique fédérale, qui serait régi par l'Alliance et situé dans l'Institut canadien de l'information scientifique et technique (ICIST). Il reviendra au Bureau de gérer les activités entreprises pour assurer un accès plus efficace et efficient aux revues électroniques pour tous les spécialistes des disciplines STM qui travaillent dans les ministères fédéraux, qui seront chargés d'atteindre les objectifs en matière de leadership et d'excellence que vise le Canada dans l'économie mondiale.
La Cyberbibliothèque scientifique fédérale nécessiterait des investissements annuels moyens de l'ordre de 10 millions de dollars, soit 40 millions de dollars échelonnés sur quatre ans, ce qui représente 0,3 % du budget annuel fédéral en matière de R-D dans les sciences naturelles. La proposition vise à satisfaire le besoin d'un organisme de négociation centralisé et d'obtention d'un financement propre.
On demande d'approuver les deux éléments suivants :
Les investissements dans la Cyberbibliothèque scientifique fédérale permettront :
Le gouvernement du Canada s'est engagé à donner suite à une stratégie de soutien de l'innovation. Dans son Livre blanc sur l'innovation, Atteindre l'excellence et Le savoir, clé de notre avenir ainsi que dans les discours du Trône, le gouvernement fédéral a souligné l'importance pour le Canada de relever la concurrence internationale aujourd'hui et à l'avenir. Par ses récents engagements financiers, le gouvernement du Canada a clairement signalé son intention de faire passer le Canada du 15e au 5e rang dans les activités mondiales de recherche et de développement (R-D) d'ici 2010 .1
Le gouvernement fait des investissements dans la défense, la protection civile, les activités réglementaires, la protection de l'environnement et de la santé, et la recherche stratégique au nom de tous les Canadiens. Les Canadiens tirent parti du travail que réalise le gouvernement dans les sciences, la technologie et la médecine (STM), qui se concrétise dans la croissance économique et un niveau de vie élevé. Les activités STM du gouvernement fédéral contribuent à la création d'emplois et aux progrès technologiques, qui sont des éléments clés de l'accroissement de la productivité et, du coup, du niveau de vie.
À l'appui de ces objectifs, le gouvernement dépense actuellement 3,4 milliards de dollars pour les activités de R-D dans les sciences naturelles2. Cinquante?deux pour cent de ce montant, ou 1,8 milliard de dollars, représentent les fonds qu'engage le gouvernement fédéral à titre de secteur d'exécution.
Le gouvernement du Canada emploie environ 21 000 spécialistes - chercheurs, scientifiques, analystes de politiques et décideurs - dans les disciplines STM. Les connaissances spécialisées et les réalisations de ces spécialistes contribuent à assurer le succès continu du Canada et d'en faire une société évoluée et prospère.
Afin d'assurer leur succès, les spécialistes des disciplines STM doivent compter sur des fondements robustes et avoir un accès constant à l'information scientifique et technique mondiale. L'information est un facteur indispensable de succès, au même titre que la technologie, les laboratoires, les instruments et les connaissances spécialisées.
Aujourd'hui, les spécialistes des disciplines STM au gouvernement fédéral n'ont pas un accès homogène et équitable à l'information STM mondiale depuis leur poste de travail, et ce, n'importe où et n'importe quand. La présente proposition vise à offrir une solution afin de satisfaire à cette exigence essentielle.
Au cours de la dernière décennie, les milieux de R-D du monde entier en sont venus à compter de plus en plus sur les revues savantes électroniques et imprimées. Les spécialistes des disciplines STM s'attendent maintenant à jouir d'un accès équitable et homogène depuis leur poste de travail à un éventail complet de revues multidisciplinaires.
L'accès aux revues électroniques présente trois enjeux :
L'accès aux revues électroniques nécessite un nouveau modèle et de nouvelles pratiques d'affaire. Les bibliothèques ne s'abonnent pas comme elles le faisaient aux revues imprimées, mais doivent plutôt négocier une licence pour pouvoir consulter le contenu des revues électroniques. Les éditeurs offrent maintenant l'accès à un ensemble déterminé de revues électroniques au lieu d'un accès à des titres particuliers. Toutefois, parce qu'il n'y a pas d'accord de licence standard, chaque négociation auprès de centaines d'éditeurs est unique. Les négociations qu'entreprennent chaque bibliothèque ou petit groupe de bibliothèques de façon autonome sont inefficaces. Le processus à suivre pour établir et maintenir les accords de licence exige énormément de temps pour chaque bibliothèque ainsi que des connaissances spécialisées touchant les négociations.
Les éditeurs préfèrent également négocier avec un groupe de bibliothèques plutôt qu'avec des bibliothèques individuelles. Au chapitre des licences relatives aux revues STM, le gouvernement fédéral n'a pas de structure en place ayant les connaissances professionnelles, les compétences et le mandat nécessaires pour optimiser les pouvoirs de négociation et d'achat des bibliothèques fédérales en consortium face aux éditeurs. Quant aux éditeurs, ils ne sont pas enclins à négocier avec des bibliothèques individuelles parce qu'il n'en découle que des recettes limitées.
L'avènement du support électronique n'a toutefois pas entraîné la disparition du support papier. De fait, les bibliothèques ne réalisent pas d'économies en s'abonnant aux revues électroniques. Au contraire, les licences de consultation des revues électroniques représentent des coûts supplémentaires pour les budgets actuels des bibliothèques. Les anciens numéros peuvent être accessibles sur support papier seulement, tandis que les nouveaux sont consultables sur support imprimé, électronique, multimédia ou cédérom, ou encore un agencement de ces supports. De nombreux éditeurs n'offriront l'accès aux revues électroniques que si les bibliothèques s'abonnent également à la version imprimée. En outre, certains éditeurs ajoutent des frais supplémentaires aux abonnements afin de couvrir l'accès aux revues électroniques. S'ajoutent à ces frais, les augmentations annuelles des tarifs d'abonnement et les taux de change, qui représentent des coûts supplémentaires de 15 % à 20 % par année.
Les spécialistes des disciplines STM doivent pouvoir accéder à plus de revues savantes pour effectuer leurs recherches multidisciplinaires. Afin de pouvoir offrir une couverture élargie qui convienne aux recherches multidisciplinaires, les bibliothèques doivent offrir l'accès à un plus grand nombre de revues que par le passé.
Un autre élément de coût est le temps que doivent consacrer les spécialistes des disciplines STM à la recherche d'information. En raison de l'accès limité aux revues électroniques depuis le poste de travail, les chercheurs du savoir consacrent plus de temps qu'il est nécessaire à chercher de l'information pertinente en temps opportun. Selon les constatations de l'étude de l'Institut Ingenta4, 80 % des chercheurs lisent de deux à dix articles par semaine. En s'appuyant sur les conclusions de l'étude, on peut estimer que le temps de recherche non productif des spécialistes STM du gouvernement fédéral se chiffre annuellement au moins à 24 millions de dollars, ce qui représente 96 millions de dollars sur quatre ans.
Des coûts sont également associés à l'administration des licences d'accès aux revues électroniques en vue de créer des ressources d'information nationales. Les licences d'accès au contenu sont semblables à la location. L'accès est accordé aussi longtemps que l'abonné continue à acquitter les frais annuels. Il en découle des coûts supplémentaires courants pour maintenir l'accès à l'information des années antérieures.
Les diplômés récents d'universités canadiennes se sont habitués à l'accès homogène aux revues électroniques STM. Ces derniers s'attendent à juste titre à pouvoir utiliser les mêmes outils électroniques dans les ministères fédéraux à vocation scientifique. Le gouvernement fédéral fait concurrence aux universités et au secteur privé pour ces ressources talentueuses dont il a grand besoin afin de remplacer les importantes cohortes de spécialistes des disciplines STM dans les ministères qui prennent leur retraite.
Les universités canadiennes ont lancé le Projet canadien de licences nationales de sites (PCLNS) en 1999. Conjointement, les bibliothèques universitaires ont présenté une demande de financement à la Fondation canadienne pour l'innovation afin de couvrir les coûts des licences pour les revues électroniques, financement qui leur a été accordé. De façon concertée, les bibliothèques du PCLNS ont négocié des accords de licence favorables, ont bénéficié de coûts inférieurs de 10 % à 40 % comparativement aux prix standard des éditeurs, et les spécialistes ont gagné énormément de temps. Parallèlement, elles ont augmenté le nombre total de revues électroniques consultables par les chercheurs universitaires, ce qui leur a permis de relever le défi que présente la nature de plus en plus multidisciplinaire de la recherche.
D'importantes initiatives similaires au PCLNS ont été lancées aux États-Unis5, au Royaume-Uni6 et en Australie7. Les modèles élaborés dans ces pays sont fondés sur la collaboration officialisée des partenaires et les fonds nouveaux et réservés afin d'appuyer l'accès élargi aux revues électroniques.
En même temps que le PCLNS était lancé, les bibliothèques de six ministères fédéraux8 ont mis en place l'Alliance stratégique des bibliothèques fédérales des sciences et de la technologie (l'Alliance) en vue de collaborer pour offrir des services de pointe à leurs clients. L'Alliance sollicite des fonds destinés à offrir un accès équitable aux revues électroniques dans l'ensemble de l'administration fédérale et à un niveau comparable à celui qui règne dans les universités canadiennes. Le gouvernement fédéral doit adopter un modèle, adapté au contexte canadien, qui soit fondé sur les principes d'un organe négociateur conjoint central. Cette initiative devra pouvoir compter sur des fonds particuliers en vue d'acquérir du contenu électronique.
À la fin de 2001, l'Alliance stratégique des bibliothèques fédérales des sciences et de la technologie a commandé une étude afin de formuler des recommandations visant l'accès homogène et équitable aux revues électroniques d'information STM. Dans le cadre de l'initiative Gouvernement en direct qui vise à transformer les pratiques administratives du gouvernement, la société-conseil CGI a travaillé avec les membres de l'Alliance afin de déterminer la meilleure stratégie possible afin de relever les défis que présente la prestation de l'information STM et en R-D.
Suivant les constatations de l'étude, qui ont confirmé les inquiétudes des membres de l'Alliance, et tirant parti de la démonstration d'une solution par le secteur universitaire, l'Alliance recommande la création de la Cyberbibliothèque scientifique fédérale. L'Alliance recommande également la mise en place et le financement du Bureau de la Cyberbibliothèque scientifique fédérale, qui sera régi par l'Alliance et situé dans l'Institut canadien de l'information scientifique et technique (ICIST).
Le mandat du Bureau sera de gérer les activités qui seront entreprises pour assurer l'accès efficace et efficient aux revues électroniques pour les spécialistes des disciplines STM au gouvernement fédéral, qui sont chargés d'atteindre les objectifs en matière de leadership et d'excellence que s'est fixés le Canada dans l'économie mondiale.
Plus particulièrement, le Bureau de la Cyberbibliothèque scientifique canadienne par l'entremise de son personnel et de son budget propre, réalisera les activités suivantes :
La Cyberbibliothèque scientifique fédérale proposée nécessite un nouveau financement ainsi que des investissements annuels moyens de l'ordre de 10 millions de dollars échelonnés sur quatre ans, totalisant 40 millions de dollars, de même qu'un financement durable permanent. Ces investissements annuels représentent 0,3 % de l'engagement financier du gouvernement fédéral à l'égard de la R-D dans les sciences naturelles.
Le tableau ci-dessous présente une estimation des coûts annuels pour les quatre premières années. Ces estimations sont fondées sur le modèle du Projet canadien de licences nationales de sites.
Contenu électronique : Cette somme sera engagée afin d'obtenir les droits d'accès pour le gouvernement fédéral aux revues électroniques des disciplines STM auprès des principaux éditeurs commerciaux et des éditeurs spécialisés.
Fonctionnement : Cette somme comprend les salaires et traitements, les coûts opérationnels et liés à l'infrastructure, ainsi que les coûts associés à la mise en service des fonctionnalités d'accès depuis les postes de travail.
| Budget pro forma de la Cyberbibliothèque scientifique fédérale | |||||
| Estimation des coûts liés à la Cyberbibliothèque |
1re année | 2e année | 3e année | 4e année | Total |
|---|---|---|---|---|---|
| Contenu électronique | 3 500 000 $ | 8 000 000 $ | 9 500 000 $ | 13 000 000 $ | 34 000 000 $ |
| Fonctionnement | 1 000 000 $ | 1 500 000 $ | 2 000 000 $ | 1 500 000 $ | 6 000 000 $ |
| Total | 4 500 000 $ | 9 500 000 $ | 11 500 000 $ | 14 500 000 $ | 40 000 000 $ |
La Cyberbibliothèque scientifique fédérale proposée représentera une valeur essentielle dans le cadre du programme d'innovation du Canada. Elle s'inscrira dans les efforts déployés par le gouvernement fédéral pour faire passer le Canada du 15e au 5e rang des activités mondiales de recherche et de développement et, en même temps, elle permettra de transformer les pratiques administratives du gouvernement.
D'importantes économies seront réalisées relativement au temps consacré par les spécialistes. L'accès limité aux revues électroniques depuis le poste de travail fait que les travailleurs du savoir consacrent plus de temps qu'il est nécessaire afin d'accéder à l'information pertinente et en temps opportun. Selon une estimation modérée, les recherches non productives qu'effectuent les spécialistes des disciplines STM représentent 24 millions de dollars par année, soit 96 millions de dollars sur quatre ans.
Pour obtenir de plus amples renseignements sur la Cyberbibliothèque scientifique fédérale, communiquez avec une des personnes ci-dessous :
Merle McConnell
(Chair, SAFSTL / Présidente, ASBFST)
Chief, Science Library Network / Chef, Réseau des bibliothèques scientifiques
Health Canada / Santé Canada
Tel: (613) 957-1026
Fax: (613) 941-6958
Merle_McConnell@hc-sc.gc.ca
Lucie Molgat
(Project Leader / Chef de projet)
Director, Canada Institute for Scientific and Technical Information / Directrice, Institut canadien de l'information scientifique et technique
National Research Council / Conseil national
de recherches Canada
Tel: (613) 991-2462
Fax: (613) 993-0747
Lucie.Molgat@nrc-cnrc.gc.ca
Heather Cameron
Manager, Library Policy and Services / Gestionnaire, Services et politiques de bibliothèque
Fisheries and Oceans Canada / Pêches et Océans Canada
Tel: (613) 993-2926
Fax: (613) 990-4901
cameronh@dfo-mpo.gc.ca
Beverly Chen
Special Projects Officer / Agente des projets spéciaux
ESS Info SST
Natural Resources Canada / Ressources naturelles Canada
Tel: (613) 992-1793
Fax: (613) 996-8748
bechen@nrcan.gc.ca
Judy Patterson
Chief, Departmental Library / Chef, Bibliothèque du Ministère
Environment Canada / Environnement Canada
Tel: (819) 997-2465
Fax: (819) 953-7900
Judy.Patterson@EC.GC.CA
Notes