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La Cyberbibliothèque scientifique fédérale

Un service offert aux scientifiques du gouvernement fédéral

Alliance stratégique des bibliothèques scientifiques et techniques fédérales
Étude de rentabilité, Juin 2005

Table of Contents

Aperçu

La Cyberbibliothèque scientifique fédérale vise à accroître la capacité de recherche au profit des chercheurs fédéraux1 et, au bout du compte, du public canadien. Les chercheurs fédéraux canadiens n'ont accès, depuis leur poste de travail, qu'à un nombre limité de revues essentielles en science, technologie et médecine (STM). Les bibliothèques fédérales ne disposent pas d'un financement suffisant pour offrir aux chercheurs gouvernementaux un accès continu et équitable à des revues électroniques2. Les bibliothèques universitaires canadiennes ont dû relever le même défi et elles y sont parvenues grâce à l'obtention de fonds de la Fondation canadienne pour l'innovation (FCI) et à la création d'un consortium pour l'achat de plusieurs ensembles importants de bases de données et de revues électroniques. L'initiative de la Cyberbibliothèque propose une approche coordonnée semblable pour financer et négocier des licences de revues électroniques dans l'intérêt des chercheurs du gouvernement fédéral.

Objectif

L'initiative de la Cyberbibliothèque scientifique fédérale consiste à demander au gouvernement de soutenir une proposition visant à offrir à tous les chercheurs du gouvernement fédéral un accès enrichi, continu et équitable à des revues STM électroniques en texte intégral depuis leur poste de travail. Il s'agit d'une nouvelle collaboration entre les ministères et organismes à vocation scientifique pour négocier, obtenir et soutenir un accès à des revues STM électroniques. Le gouvernement du Canada emploie plus de 22 000 professionnels3 pour appuyer les principales activités relatives à la recherche stratégique, à la protection de la santé et de l'environnement, à la réglementation, à la défense et à la protection civile. En aidant les chercheurs du gouvernement fédéral à mieux accomplir leur travail, la Cyberbibliothèque répondra aux besoins du public canadien.

Le gouvernement fédéral accuse un certain retard par rapport au milieu universitaire et à de nombreux secteurs privés quant à l'accès à un nombre important de revues électroniques. Les revues STM traitent de l'ensemble du domaine scientifique, de la recherche de base à la recherche de pointe en passant par l'analyse technique, la conception de produits, l'évaluation du marché, l'examen de produits, l'évaluation des règlements et l'évaluation des produits. La plupart des principales revues STM sont disponibles en format électronique, ce qui permet un accès pratique et opportun à des renseignements, et ce, peu importe l'endroit ou le moment. L'accès à des revues électroniques depuis un poste de travail constitue désormais un outil normalisé dans les universités et les grandes sociétés privées.

Cette initiative est avantageuse pour l'ensemble des Canadiens. Grâce à cet accès pratique et rapide à des ressources d'information pertinentes, les scientifiques fédéraux sauront faire face aux nouvelles menaces pour la santé, l'environnement et la sécurité. Les analystes de la politique disposeront de meilleures ressources d'information pour établir et évaluer les politiques. Les professionnels STM fédéraux qui oeuvrent au sein des ministères et les chercheurs qui collaborent avec des scientifiques du milieu universitaire ou du secteur privé seront mieux outillés pour participer pleinement à des activités de recherche communes.

Possibilités et risques

Avec la mise en place de la Cyberbibliothèque scientifique fédérale, tous les chercheurs fédéraux disposeront d'un accès équitable aux renseignements importants publiés dont ils ont besoin. Les disparités qui existent entre les régions, dans les ministères STM et entre les régions urbaines et rurales disparaîtront.

L'accès au contenu des revues en format électronique permettra aux chercheurs de gagner du temps et ainsi d'accroître le nombre d'heures consacrées au travail de recherche. Selon une estimation prudente, les ministères STM fédéraux économiseront 24 000 000 $ par année en temps de recherche stérile en offrant un ensemble adéquat de revues électroniques. Cette donnée s'applique à 22 000 chercheurs qui économisent chacun 21 heures de recherche par année, ce qui permet de libérer 462 000 heures additionnelles pour la recherche et leurs activités connexes. Cette donnée est semblable à celle avancée par Tenopir et King; lors de leur enquête, des scientifiques ont indiqué qu'ils pourraient économiser chacun jusqu'à 24 heures par année en bénéficiant d'un accès électronique à des revues de bibliothèques4.

La communication savante évolue rapidement dans un environnement entièrement électronique. Maintenant, les articles sont examinés par des pairs, publiés et stockés en format électronique seulement. Grâce à la mise en oeuvre de la Cyberbibliothèque scientifique fédérale, les chercheurs fédéraux suivront le rythme de leurs collègues du milieu universitaire et du secteur privé lors de la transition vers de nouveaux formats de communication.

Avec la mise en place de la Cyberbibliothèque, les bibliothèques gouvernementales constateront une diminution du dédoublement des efforts pour obtenir les licences de revues électroniques, car les négociations communes, la gestion des licences et l'infrastructure partagée centraliseront ce travail. Il y aura aussi une légère diminution du travail de maintien des collections imprimées (p. ex. enregistrement et réclamation des numéros, étiquetage, circulation, rangement, reliure et services de fourniture de documents). L'espace de stockage nécessaire diminuera avec le temps, et les collections imprimées pourront être converties ultérieurement pour laisser la place à d'autres activités connexes à la bibliothèque ou à l'apprentissage. En général, dans chaque bibliothèque ministérielle, une petite quantité d'heures de travail sera dégagée pour la prestation de nouveaux services à la clientèle à valeur ajoutée. Cela inclut les directives à l'intention des utilisateurs, la formation et la résolution de problèmes concernant les titres électroniques ainsi que l'analyse plus détaillée de l'information.

Si la Cyberbibliothèque n'est pas mise en place, alors les risques suivants pourraient se concrétiser :

  • la diminution de la productivité des chercheurs et de leur capacité à réagir rapidement à des situations de crise en l'absence d'un accès adéquat à du contenu STM;
  • la mise en péril des possibilités de collaboration, de communication et de création de liens avec des chercheurs de secteurs universitaires et commerciaux à l'échelle nationale ou internationale;
  • la diminution de la capacité de promouvoir et de soutenir les initiatives de recherche multidisciplinaires et interministérielles;
  • la perte de l'intégration possible des publications à accès libre dans l'infrastructure d'information commune;
  • l'incapacité du gouvernement à recruter et à conserver des diplômés universitaires habitués à utiliser des outils d'information de pointe;
  • · la mise en danger des objectifs du gouvernement concernant l'excellence dans la recherche et l'innovation en S-T et l'économie canadienne du 21e siècle.

Contexte

La Cyberbibliothèque scientifique fédérale est une initiative menée par l'Alliance stratégique des bibliothèques scientifiques et techniques fédérales (Alliance stratégique), qui réunit les cinq principaux ministères STM (Agriculture et Agroalimentaire Canada, Environnement Canada, Pêches et Océans Canada, Santé Canada et Ressources naturelles Canada) ainsi que l'Institut canadien de l'information scientifique et technique (ICIST) du Conseil national de recherches du Canada (CNRC). Les membres de l'Alliance stratégique souhaitent tous fournir de l'information STM à leurs utilisateurs et aux chercheurs fédéraux des 18 ministères à vocation scientifique du Canada. Depuis 1997, l'ICIST s'efforce de remplir avec succès le mandat du CNRC, soit celui de devenir la bibliothèque scientifique nationale du Canada5. L'ICIST a octroyé des licences pour un grand nombre de revues électroniques au nom du CNRC et créé une infrastructure et des processus de soutien communs en vue d'offrir un accès à ce contenu depuis le poste de travail. Compte tenu de l'expérience de l'ICIST quant à la création d'un accès à des revues électroniques, cet organisme est reconnu comme le partenaire principal de la Cyberbibliothèque scientifique fédérale.

L'ICIST travaille sur l'élaboration d'un réseau d'information STM dans le but d'offrir un accès universel, direct et permanent à des renseignements pour la recherche et l'innovation canadiennes. La Cyberbibliothèque constitue une étape importante de l'atteinte de l'objectif visant l'établissement d'une infrastructure d'information nationale.

Le Comité des sous-ministres adjoints sur les sciences et la technologie et les sous-ministres adjoints des six ministères et organismes appuient solidement l'initiative de la Cyberbibliothèque scientifique fédérale. L'initiative est également conforme aux recommandations du récent rapport6 du Conseil d'experts en sciences et en technologie (CEST)7. Ce rapport recense, entre autres, les avantages suivants de l'établissement de liens :

  • la production, la diffusion et la traduction du savoir. Les liens favorisent la « mobilisation des connaissances », le partage de l'information qui non seulement permet de transmettre des connaissances, mais crée aussi des possibilités de générer de nouvelles connaissances, de convertir ces connaissances en de nouvelles applications, et de faciliter la diffusion et la commercialisation des résultats;
  • · la connaissance des progrès en S-T afin que les chercheurs soient au fait des derniers développements dans le domaine. Il s'agit d'un élément fondamental au Canada parce que la majorité des travaux en S-T sont réalisés à l'extérieur du gouvernement et même souvent à l'extérieur du pays.

L'établissement de liens en S-T pose deux défis importants :

  • les ministères verticaux traditionnels structurés, dans une large mesure, pour offrir des solutions en S-T aux problèmes qui relèvent de leurs compétences particulières;
  • la rigidité dans la structure verticale dresse de sérieux obstacles à la collaboration horizontale.

Le thème du Forum fédéral sur les sciences et la technologie tenu en janvier 2005 était « de la collaboration à l'intégration ». L'intégration exige une forme approfondie de collaboration. Le but est de résoudre les problèmes nationaux importants qui touchent aux mandats de plus d'un ministère ou organisme. La Cyberbibliothèque scientifique fédérale servira de fondements solides à l'intégration du savoir dans tous les ministères STM.

Étude de faisabilité

En 2002, l'Alliance stratégique a préparé une étude de rentabilité (Justification de la Cyberbibliothèque scientifique fédérale). En 2003, elle a rédigé une étude de faisabilité (Cyberbibliothèque scientifique fédérale : L'établissement d'une infrastructure du savoir STM : Étude de faisabilité). Cette étude comprend un sondage en ligne mené auprès de chercheurs. Plus de 2 200 scientifiques fédéraux y ont répondu et y ont décrit leurs besoins quant à l'accès électronique aux revues. La plupart des chercheurs avaient accès à des revues STM au moyen d'abonnements (version imprimée ou électronique) de la bibliothèque ministérielle, mais beaucoup d'entre eux ont signalé qu'ils n'avaient pas accès aux titres dont ils avaient besoin. Des chercheurs ont également observé différents niveaux de service quant à la disponibilité et à l'accès de l'information STM. Un accès facile à une vaste gamme de documents STM est limité aux employés de grands ministères situés dans des centres urbains. Les chercheurs d'organismes plus petits ou éloignés doivent patienter longtemps pour recevoir des documents imprimés et ils n'ont qu'un accès restreint aux documents électroniques; parfois même, ils ne possèdent aucun accès semblable. Voici les propos d'un chercheur d'Environnement Canada :

Je ne peux pas expliquer à quel point il est difficile de garder le fil de mes idées, de conserver mon processus de réflexion et d'accomplir mes travaux quand je dois me rendre physiquement à la bibliothèque pour photocopier le matériel dont j'ai besoin. L'accès électronique est la seule solution raisonnable.

Les chercheurs fédéraux qui possèdent une nomination conjointe ou une affiliation reconnue avec une université sont autorisés à accéder aux revues électroniques visées par une licence de cette université. Toutefois, 78 % des répondants n'ont aucune affiliation avec une université, ce qui signifie qu'ils n'ont aucun accès aux revues électroniques d'une université.

L'étude de faisabilité a également fait un examen des budgets des bibliothèques de l'Alliance stratégique. Les observations ont démontré que le pouvoir d'achat et le nombre de revues commandées par les bibliothèques ont diminué devant la croissance fulgurante des prix d'abonnement. Par exemple, les cinq ministères scientifiques ont conservé un budget constant pour les revues, mais le nombre de titres acheté a diminué de 22 % au cours des dix dernières années. L'abonnement aux formats électroniques plutôt qu'aux numéros imprimés n'est pas une solution aux problèmes budgétaires, car les revues électroniques coûtent aussi cher que les versions imprimées. En outre, les bibliothèques ne peuvent pas consacrer la totalité de leur budget aux revues électroniques, car il faut encore acheter des ouvrages, du matériel audiovisuel et certaines publications spécialisées qui sont toujours requis en format imprimé.

Un nouvel investissement est essentiel à la concrétisation de la vision de la Cyberbibliothèque scientifique fédérale. La combinaison des budgets destinés aux revues des bibliothèques fédérales STM ne regroupera pas suffisamment de ressources pour obtenir les licences nécessaires à la création d'un noyau fondamental de publications. Le Réseau canadien de documentation de recherche (RCDR)8a reçu un financement de 20 000 000 $ de la Fondation canadienne pour l'innovation (FCI). Cette somme a atteint 50 000 000 $ pour une période de trois ans, ce qui permet aux établissements universitaires de faire la transition vers une nouvelle infrastructure du savoir.

Le RCDR est renommé à l'échelle internationale et s'est avéré un modèle efficace pour les établissements universitaires canadiens. Il est possible de l'adapter pour offrir une solution semblable aux chercheurs STM du gouvernement. Les ministères fédéraux ne peuvent pas faire partie du RCDR, car seuls les établissements conférant des grades universitaires sont admissibles au financement de la FCI. Dès que le gouvernement fédéral possédera sa propre Cyberbibliothèque, il sera possible de conclure des ententes consortiales avec le RCDR.

L'étude de faisabilité de la Cyberbibliothèque scientifique fédérale recommande la création de cette Cyberbibliothèque avec un budget de 45 000 000 $ sur cinq ans. La majeure partie de cette somme (36 000 000 $ ou 86 %) servirait à obtenir des accès à des revues électroniques sous licence. Dans l'étude de faisabilité, les dépenses relatives à la technologie de l'information (TI) représentent 3 200 000 $ (7,7 %); les salaires, 1 500 000 $ (3,5 %); et les dépenses de fonctionnement, 1 200 000 $ (2,8 %).

Projet de budget de la Cyberbibliothèque scientifique fédérale (en dollars)9

  ANNÉE 1 ANNÉE 2 ANNÉE 3 ANNÉE 4 ANNÉE 5 Total
Contenu électronique   7 426 300 7 723 300 11 215 800 11 664 600 38 030 000
TI 1 856 600 384 000 388 300 391 500 406 300 3 426 700
Salaires 222 800 343 700 349 000 355 400 360 700 1 631 600
Exploitation 175 000 285 400 285 400 286 400 286 400 1 318 600
Total 2 254 400 8 439 400 8 746 000 12 249 100 12 718 000 44 406 900

Projet de financement et modèle de régie

Le modèle de régie proposée dans l'étude de rentabilité de juin 2002 et recommandée dans l'étude de faisabilité exige une régie commune, une administration centralisée et un financement.

Projet de financement et modèle de régie

La Cyberbibliothèque scientifique fédérale s'adaptera au modèle défini par le RCDR. Les représentants des six ministères et organismes fédéraux et d'autres MOVS10 formeront un comité de direction de la Cyberbibliothèque scientifique fédérale qui sera responsable de la politique, des priorités, des négociations avec les éditeurs, des contrats de licence, de l'attribution des ressources et de la consultation auprès des utilisateurs. L'ICIST et les ministères fédéraux signeront un protocole d'entente qui décrira la structure de régie et de financement.

Le Comité de direction mettra sur pied un bureau de la Cyberbibliothèque scientifique fédérale et nommera un gestionnaire et des employés responsables des activités opérationnelles de la Cyberbibliothèque. Le bureau de la Cyberbibliothèque sera situé à l'ICIST où l'espace, l'expertise et l'infrastructure d'information de pointe existent déjà. Le Comité directeur autorisera l'ICIST à signer les contrats de licence négociés et à dépenser des fonds.

Il incombera au gestionnaire du bureau de la Cyberbibliothèque de s'occuper du processus de demande de propositions et des négociations avec les éditeurs.

Avantages pour les chercheurs

L'accès au contenu d'un nombre croissant de revues STM améliorera les activités de recherche des scientifiques fédéraux. Sur l'ensemble des répondants du sondage relatif à la Cyberbibliothèque scientifique fédérale :

  • 98 % sont en accord ou fortement en accord avec le fait que les revues demeurent un outil essentiel;
  • 59 % consacrent plus de trois heures par semaine à la lecture active de publications scientifiques;
  • 94 % affirment qu'un accès à des revues électroniques réduit le temps de recherche et d'extraction de l'information;
  • 74 % soutiennent que l'accès à partir d'un poste de travail augmente le nombre d'articles qu'ils lisent à l'extérieur de leur domaine principal.

Dans une vaste enquête américaine, plus de 40 % des scientifiques ont déclaré que leurs lectures étaient essentielles pour leurs travaux de recherche et que ces lectures permettaient de faire des économies. Ces économies se traduisaient par le rejet de certaines recherches primaires, l'arrêt d'un sujet de recherche stérile ou la modification d'un concept de recherche, d'analyse ou d'ingénierie11.

Chaque année, la revue The Scientist interroge les chercheurs postdoctoraux des États-Unis et du Canada sur les meilleurs lieux de travail12. Dans le résumé du sondage 2005, l'accès aux ouvrages et aux revues a atteint le deuxième rang de la liste des dix facteurs importants pour les chercheurs postdoctoraux. La formation et l'expérience pour une future carrière ont décroché la première place. Dans le sondage 2004, les chercheurs avaient classé l'accès aux ouvrages et aux revues comme le facteur le plus important.

L'accès au contenu des revues en format électronique augmentera leur utilisation. Les observations des bibliothèques universitaires ont démontré que les utilisateurs consultent les revues de deux à trois fois plus souvent quand elles sont disponibles en format électronique.

Les nouvelles, les bulletins et les derniers résultats de recherche sont tout d'abord disponibles en ligne avant d'être publiés en format imprimé. L'accès à partir d'un poste de travail offre également :

  • des fonctions de recherche étendues;
  • des liens faciles entre les publications;
  • des services de dépouillement automatisé (d'alerte);
  • la gestion de citation au moyen de logiciels;
  • une fonction de transfert et de sauvegarde;
  • un accès multiple à un même contenu.

Les revues électroniques favorisent les activités interdisciplinaires et interministérielles ainsi que le travail en collaboration avec le milieu universitaire et le secteur privé. Cela est essentiel au travail du gouvernement s'il souhaite relever le défi des nouvelles flambées de maladies, comme le syndrome respiratoire aigu sévère, la maladie de la vache folle et le virus du Nil occidental. La réussite de la mise en oeuvre du Protocole de Kyoto nécessitera les plus récentes données scientifiques et une approche de collaboration relativement à l'élimination des émissions de gaz à effet de serre et aux changements climatiques. Les efforts visant à accroître la qualité de l'eau et de l'air et la biodiversité - des enjeux recensés dans le Rapport annuel au Parlement 200313 - seront plus efficaces si les chercheurs ont un accès continu au contenu des revues électroniques pertinentes.

Avantages pour les bibliothèques

Actuellement, l'accès aux revues électroniques dans les six ministères et organismes fédéraux STM est inéquitable et inadéquat. Le gouvernement fédéral offre seulement un accès à un nombre restreint des quelque 5 000 revues STM électroniques publiées aujourd'hui. Il peut exister un certain dédoublement de l'accès aux versions imprimées et électroniques entre les ministères, mais ce chevauchement des titres est négligeable comparativement au nombre de nouveaux titres à acquérir.

Pour offrir aux chercheurs un milieu de travail de qualité, le gouvernement doit investir davantage pour accroître le nombre de revues électroniques à sa disposition. L'expérience du modèle du RCDR a démontré que les licences de site comportaient des prix d'abonnement inférieurs à ceux que les bibliothèques auraient pu négocier d'elles-mêmes. Si les bibliothèques négocient séparément avec leur nouveau financement, alors leur position de négociation est faible. En fait, chaque ministère aura de la difficulté de manière individuelle à éveiller l'attention des principaux éditeurs. Pour le gouvernement fédéral, la méthode la plus efficace et économique d'acheter du contenu électronique demande aux ministères et aux organismes de négocier les licences en tant que consortium.

Le modèle de consortium pour les négociations et les achats réalisés par les bibliothèques gouvernementales existe et il s'est révélé très efficace. Le Consortium du Conseil des bibliothèques du gouvernement fédéral négocie des tarifs dégressifs sur le volume relativement aux achats gouvernementaux de ressources électroniques pour les bibliothèques fédérales participantes. La Cyberbibliothèque scientifique fédérale serait une initiative horizontale qui disposerait de nouveau financement et qui négocierait, ferait des achats et offrirait un accès à guichet unique aux ressources électroniques. Elle s'alignerait étroitement sur les initiatives en S-T qui feraient partie intégrante de l'élaboration de politique et de la recherche STM dans l'ensemble du gouvernement.

Avantages de l'utilisation des plateformes technologiques communes existantes

La Cyberbibliothèque tirera pleinement parti des investissements considérables dans les infrastructures déjà consentis par le gouvernement fédéral. Par ailleurs, les ministères STM possèdent les technologies de communication et les postes de travail de base pour livrer le contenu électronique dans la plupart des bureaux gouvernementaux. L'enquête réalisée auprès des chercheurs fédéraux indique que 80 % des répondants ont accès à un ordinateur, au courrier électronique et à Internet au travail et à la maison; parmi ces répondants, 47 % possèdent un accès à haut débit à Internet.

Le contenu de la Cyberbibliothèque sera accessible par l'entremise d'un portail Web. Cela permettra aux chercheurs d'accéder au contenu électronique, de l'exploiter, de faire des recherches dans de multiples sites d'éditeurs et de créer un espace personnel (Ma Cyberbibliothèque). La Cyberbibliothèque s'appuiera sur l'expérience des membres de l'Alliance stratégique relativement à la création de bibliothèques virtuelles et sur l'expérience de l'ICIST pour la mise sur pied de l'infrastructure et des applications de soutien en matière d'accès à l'information à partir de postes de travail.

Avantage de l'élaboration de l'infrastructure de la Cyberbibliothèque scientifique fédérale

Après la création et la mise en service de la Cyberbibliothèque, cette infrastructure pourra servir de modèle pour tous les autres ministères gouvernementaux et de fer de lance d'un service plus vaste de diffusion d'information. D'autres ministères qui souhaiteraient octroyer des licences pour des publications sur la recherche et le développement, l'analyse de politiques, l'innovation ou la commercialisation pourraient déployer son contenu à l'aide des ressources de la Cyberbibliothèque, comme l'équipe de négociation, le système d'authentification, les serveurs et la présence Web.

L'infrastructure de la Cyberbibliothèque permettrait également d'indexer les publications, les rapports et les documents de travail publics des ministères qui ne font pas partie de la documentation non classifiée et de les mettre à la disposition du public canadien. Ces documents sont des ressources fondamentales du gouvernement fédéral qui ne sont pas faciles à utiliser et qui, par conséquent, sont sous-utilisées. La présentation d'une plateforme pour cette information à tous les scientifiques fédéraux garantira l'optimisation de l'investissement dans la création de ces travaux.

Plus tard, quand l'infrastructure de la Cyberbibliothèque sera en place et fonctionnelle, elle pourrait servir de fondements à un réseau d'information pour les organisations non gouvernementales, comme les organisations de recherche et de développement, les établissements de santé parascolaires et les organismes de recherche, c'est-à-dire des organisations qui ne sont pas visées actuellement par le RCDR.

En Europe, le modèle prévoit une collaboration entre les bibliothèques nationales et les bibliothèques universitaires. La mise en oeuvre de la Cyberbibliothèque favoriserait la croissance d'un tel modèle au Canada.

Le modèle de la Cyberbibliothèque scientifique fédérale a démontré son efficacité

La Cyberbibliothèque scientifique fédérale met en application un modèle de consortium qui vise l'acquisition de licences et la consultation de contenu en texte intégral par les utilisateurs des bibliothèques, et ce modèle a déjà été couronné de succès au Canada et ailleurs. La technologie est connue et fiable. Les bibliothèques de l'Alliance stratégique possèdent une expérience de la négociation des licences de revues électroniques et de la diffusion de contenu sur Internet.

Les meilleurs résultats ont été obtenus par les bibliothèques qui se sont groupées sous la forme d'un consortium pour négocier les licences du contenu des revues électroniques avec les éditeurs. Le RCDR a combiné les 20 000 000 $ de nouveau financement de la FCI avec le financement correspondant des 64 universités participantes pour obtenir les licences de 700 bases de données et revues STM électroniques. Aux États-Unis, OhioLINK a négocié l'accès à plus de 5 700 revues électroniques pour 85 bibliothèques collégiales et universitaires de l'État. Les utilisateurs ont accès au contenu sur place et à distance. La California Digital Library a obtenu les licences de plus de 8 000 revues savantes et 200 bases de données pour le compte des bibliothèques de l'Université de la Californie. À Taïwan, le Science and Technology Information Centre a créé une infrastructure intégrée et a négocié l'utilisation de bases de données sous licence pour l'ensemble de la collectivité de recherche et de développement et du milieu universitaire local.

État actuel de la proposition

L'ICIST-CNRC assume la direction de la préparation de la présente étude de rentabilité à la demande du Comité des sous-ministres adjoints sur les sciences et la technologie et en collaboration avec l'Alliance stratégique. L'étude de rentabilité est élaborée de manière à faire l'objet d'une discussion avec le Secrétariat du Conseil du Trésor.

Ressources requises

Un plan de mise en oeuvre sera élaboré dès la réception du financement. L'Alliance stratégique propose au gouvernement fédéral d'assumer les dépenses de la Cyberbibliothèque pour les cinq premières années. Cela permettra aux ministères de faire la transition vers une approche horizontale et collective de la négociation et de l'obtention de licences pour un important ensemble de revues électroniques.

Les estimations des ressources couvrent l'infrastructure initiale (TI, salaires et dépenses d'exploitation) pour les cinq premières années. Les dépenses de l'année 1 servent à mettre en place le bureau du consortium et à acheter le matériel et les logiciels nécessaires. L'année 2 prévoit la négociation et l'obtention des licences de la majeure partie du contenu. Au cours des années suivantes, des licences d'une valeur de 1 000 000 $ seront ajoutées chaque année. L'augmentation annuelle des coûts de l'octroi des licences des publications est évaluée à 4 %. La question de la durabilité à long terme de l'initiative sera examinée lors de la quatrième année.

Rôle essentiel du gouvernement fédéral dans cette initiative

En février 2005, lors du discours du budget fédéral, le ministre des Finances a souligné l'importance d'une productivité accrue pour permettre au Canada de s'adapter aux temps nouveaux et de devenir concurrentiel à l'échelle internationale. Pour ce faire, le ministre a indiqué que le Canada devait développer et mettre à profit les fruits de la science et de la technologie14.

La Cyberbibliothèque scientifique fédérale outillera les chercheurs afin qu'ils puissent concrétiser la vision d'une compétitivité et d'une productivité améliorées qui définira l'économie canadienne du 21e siècle. Un accès continu et équitable au contenu électronique ainsi que des fonctions améliorées de recherche et d'établissement de liens offriront aux chercheurs fédéraux de nouvelles possibilités de collaboration et d'innovation. La Cyberbibliothèque s'occupera du soutien essentiel au gouvernement fédéral pour faire progresser son programme en sciences et en technologie.

Documents cités

  1. Cyberbibliothèque scientifique fédérale : Justification de la Cyberbibliothèque scientifique fédérale, juin 2002.
  2. L'établissement d'une infrastructure du savoir STM : Étude de faisabilité, septembre 2003
  3. Infrastructure for Science Information in Canada. Leveraging Scientific, Technical and Medical Knowledge Assets for Canadians, janvier 2004
  4. Études économiques du Canada de l'Organisation de coopération et de développement économiques, vol. 2003/14
  5. Les liens dans le système national de connaissances (LSNC) : Favoriser la liaison des activités fédérales en S-T, un rapport au gouvernement du Canada par le Conseil d'experts en sciences et en technologie, février 2005.

Notes

  1. Aux fins de la présente étude de rentabilité, le terme « chercheur » est utilisé dans son sens large et inclut les scientifiques, les analystes de la politique et les décideurs au service du gouvernement fédéral.
  2. Les revues électroniques sont des revues examinées par les pairs consultables en direct, qu'elles soient ou non offertes en version traditionnelle ou imprimée.
  3. Le nombre d'employés fédéraux appartenant à la catégorie scientifique et professionnelle (décembre 2001).
  4. D.W. King et C. Tenopir, « Scholarly journal and digital database pricing: threat or opportunity? », chapitre 3 dans Jeffrey Mackie-Mason et W. Lougec, éditeurs, Bits and Bucks: Economics and Usage of Digital Collections Cambridge, Massachusetts, MIT Press, 2004 (sous presse), p. 16. - Version provisoire en ligne au http://www.si.umich.edu/PEAK-2000/king.pdf.
  5. Loi sur le Conseil national de recherches, alinéa 5(1)i) : « mettre sur pied une bibliothèque scientifique nationale et en assurer le fonctionnement » (août 1989).
  6. Conseil d'experts en sciences et en technologie, Les liens dans le système national de connaissances (LSNC) : Favoriser la liaison des activités fédérales en S-T, février 2005.
  7. Le Conseil d'experts en sciences et en technologie (CEST) est un groupe d'experts, à l'extérieur du gouvernement, qui dispense au gouvernement du Canada des conseils stratégiques sur la gestion des activités internes en sciences et en technologie (S-T).
  8. Avant avril 2004, le Réseau canadien de documentation de recherche (RCDR) était connu sous le nom du Projet canadien de licences de site nationales (PCLSN).
  9. Les données s'inspirent du budget préparé pour l'étude de faisabilité de la Cyberbibliothèque scientifique fédérale (2002). Elles ont été ajustées pour tenir compte d'une inflation de 3 % pour chacune des deux années écoulées depuis la publication du rapport. Le budget initial se trouve à l'adresse : /fra/etude/faisabilite/miseenoeuvre.html.
  10. L'abréviation « MOVS » renvoie aux ministères et organismes à vocation scientifique du gouvernement fédéral.
  11. C. Tenopir et D.W. King, « Designing electronic journals with 30 years of lessons from print », Journal of Electronic Publishing, décembre 1998, p. 6. (http://www.press.umich.edu/jep/04-02/king.html).
  12. The Scientist. Best places to work for postdocs. Pour 2005, page 44 du numéro du 14 février 2005; pour 2004, page 17 du numéro du 16 février 2004.
  13. Le rendement du Canada 2003 : Rapport annuel au Parlement, Rapport de la présidente du Conseil du Trésor (www.tbs-sct.gc.ca).
  14. Ministère des Finances du Canada, Le discours du budget 2005 - Respecter nos engagements.