Le secteur de l'édition STM est un monopole. En effet, les éditeurs fixent et contrôlent les prix. Les frais d'abonnement ont augmenté de 350 % depuis 1988 et continueront de grimper en moyenne de 8 % par année. L'étude a conclu que les fournisseurs de services d'information du gouvernement fédéral doivent élaborer de nouvelles stratégies pour relever les défis que présente le milieu de l'édition STM.
Dans la 16e Étude annuelle du prix des revues des sociétés scientifiques et médicales, publiée par JP, The Newsletter for Journal Publishers, on indique que « pendant plus de 15 ans, le prix des périodiques a augmenté à un taux trois fois supérieur à l'Indice des prix à la consommation (États-Unis) [... ], Alors que l'IPC a crû de 2,8 à 3,1 % annuellement [... ] le prix de tous les périodiques américains a augmenté annuellement de 9,5 % en moyenne environ entre 1988 et 2003 ». [... ] « Ce sont les revues en chimie et en physique [... ] qui ont connu l'accroissement moyen de leur prix le plus élevé en 2003, qui est de 1 626,40 $US. Venaient ensuite les revues médicales, au prix moyen de 847,76 $US, et le prix moyen des revues de mathématiques, des sciences de la vie et de la Terre ainsi que de botanique était de 647,10 $US. » [traduction]
Une hausse annuelle moyenne du prix de l'ordre de 9,5 % depuis 15 ans représente un accroissement de 356 % entre 1988 et 2003.
Les abonnements aux revues électroniques sont offerts sous forme de licences variées et complexes. Comparables aux licences annuelles de logiciels, ces abonnements sont souvent établis en fonction du nombre total d'utilisateurs éventuelset non du nombre réel. Les éditeurs justifient ces hausses de prix en invoquant l'inflation, le fléchissement économique, les difficultés qu'ils éprouvent à couvrir les frais de l'examen par les pairs et le virage vers l'univers numérique, tout en poursuivant la production des imprimés sans subir de perte de revenu.
À l'heure actuelle, il y a autant de modèles de prix et de licence qu'il y a d'éditeurs et de courtiers d'abonnement. Selon certaines licences, l'abonnement à la version imprimée doit être maintenu afin de pouvoir avoir accès au contenu numérique, ou encore le prix est établi en fonction de la version imprimée en plus d'un supplément de 15 %. L'analyse et la négociation des abonnements aux revues électroniques est une tâche qui demande beaucoup de temps et de connaissances spécialisées. Les contrats visent typiquement la prestation de services et non seulement la fourniture de numéros d'une revue. Les éditeurs préfèrent les abonnements à long terme, et les bibliothécaires peuvent habituellement négocier des augmentations inférieures lorsqu'un abonnement pendant une période déterminée est assuré.
Il est toutefois évident que le contenu numérique domine le marché. Outsell, société d'analyse du secteur de l'information, a indiqué que 52 % de l'acquisition de contenu STM vise actuellement les versions numériques. En outre, les importants éditeurs s'affairent à numériser les numéros antérieurs et les archives pour les rendre plus accessibles. Reed Elsevier, important éditeur de revues STM, a converti des titres dans 14 de ses 23 domaines, et d'autres éditeurs prévoient lui emboîter le pas.
D'importantes organisations mondiales, telles que la SPARC et Open Access, déploient des efforts pour modifier le modèle du cycle de l'édition scientifique. De telles initiatives sont encore à leur début et n'offriront vraisemblablement pas de solutions de rechange viables à l'environnement monopolistique à court terme. Toutefois, les bibliothèques et les chercheurs fédéraux doivent faire maintenant la transition à l'accès électronique depuis le poste de travail afin de pouvoir exploiter les nouveaux modèles de l'édition et de la diffusion de l'information. La description de ces programmes se trouve à l'annexe F.