1. La Cyberbibliothèque scientifique fédérale remplacera-t-elle toutes les bibliothèques du gouvernement fédéral?
Non. La Cyberbibliothèque scientifique fédérale prendra appui sur l'actuel réseau de quelque 300 bibliothèques fédérales non pas pour remplacer les collections ministérielles et le personnel de bibliothèque, mais pour compléter et enrichir ces collections, et pour jouer un rôle complémentaire à celui des employés. Il faut savoir que les bibliothécaires sont de nos jours bien plus que des spécialistes en bibliothéconomie traditionnelle. Courtiers du savoir et experts-conseils, ils dépouillent des sources d'information complexes, trient, organisent et colligent des résultats clés pour permettre aux chercheurs de transformer ce savoir en découvertes et en innovations. Les services bibliothécaires ministériels et régionaux doivent donc être maintenus, car ils constituent le seul moyen efficace d'appuyer les professionnels scientifiques, techniques et médicaux dans chaque ministère.
2. L'établissement de partenariats avec des consortiums universitaires canadiens, tels que le Réseau canadien de documentation pour la recherche (RCDR), ne serait-il pas une façon plus efficiente d'atteindre les objectifs de la Cyberbibliothèque scientifique fédérale?
Les bibliothèques fédérales ne relèvent pas du RCDR, dont la mission est de renforcer l'infrastructure du savoir et la capacité de recherche dans les universités du Canada. Les licences du RCDR ne permettent l'accès aux revues électroniques qu'aux professeurs et aux étudiants des universités du pays.
L'Alliance stratégique applique cependant le modèle très fructueux conçu par le RCDR pour l'acquisition collective de licences d'accès à des revues électroniques. L'expérience acquise par le RCDR révèle que les licences d'utilisation sur site se traduisent par des prix d'abonnement moins élevés que ceux que peuvent obtenir individuellement les bibliothèques. Cette approche est d'ailleurs fidèle au modèle de partage des services préconisé par le gouvernement. Elle mise en outre sur l'intégration des activités S-T entre ministères et secteurs d'activités afin d'optimiser l'utilisation des ressources, les économies et la productivité.
3. La Cyberbibliothèque scientifique fédérale fera-t-elle perdre aux bibliothèques ministérielles leur autonomie décisionnelle?
Pas du tout. Comme cela a été exposé à grands traits dans l'étude de faisabilité de 2003, la Cyberbibliothèque scientifique fédérale sera gérée comme un consortium interministériel à gouvernance partagée et à administration centrale : un modèle reposant sur l'expérience concluante du RCDR. On confiera à un comité de direction, tenu de rendre compte aux membres, la définition des orientations et la responsabilité des décisions stratégiques telles que l'approbation du processus d'approvisionnement et de la stratégie de négociation proposée.
En ce qui concerne les décisions relatives aux ressources électroniques, la Cyberbibliothèque scientifique fédérale négociera les droits d'accès aux ressources choisies par les membres du consortium. Les bibliothèques ministérielles auront par ailleurs toujours besoin de revues électroniques autres que celles offertes par la Cyberbibliothèque scientifique fédérale, de sorte qu'elles continueront de négocier des droits d'accès à des sources d'information spécialisées ne faisant pas partie de l'entente conclue par le consortium. Une enquête menée récemment auprès des bibliothèques ministérielles afin de connaître les ressources électroniques qu'elles privilégient révèle qu'il existe beaucoup de chevauchements entre les ministères et que les négociations collectives seraient avantageuses et économiques.
4. L'information n'est-elle pas accessible gratuitement sur le Web grâce à des ressources comme Google Scholar?
Les sources d'information « ne naissent pas toutes égales ». L'information de qualité est publiée dans des revues évaluées par des pairs, qui ne sont pas gratuites. Ces revues abordent tous les aspects de la science : recherche fondamentale et appliquée, analyse technique, développement et évaluation des produits, évaluation du marché et de la réglementation. La plupart des revues scientifiques, techniques et médicales sont offertes sous forme électronique, ce qui permet de les consulter n'importe où et en tout temps. Certaines n'existent d'ailleurs que sous forme électronique.
5. La création de la Cyberbibliothèque scientifique fédérale entraînera-t-elle la disparition des collections imprimées?
Les bibliothèques ne pouvant consacrer l'ensemble de leur budget aux revues électroniques, elles auront encore besoin de collections imprimées. Elles devront également continuer d'acheter des livres, des documents audio-visuels et des publications spécialisées dont on a besoin sous forme imprimée, ou qui n'existent ou ne sont abordables que sous cette forme.
6. Les chercheurs du gouvernement fédéral ne bénéficient-ils pas tous du même niveau d'accès aux revues électroniques?
Malheureusement non. Bien que l'accès à des revues électroniques depuis le poste de travail soit maintenant un outil de recherche courant dans les universités et les grandes entreprises privées, il n'en est pas de même au gouvernement fédéral. En fait, à l'heure actuelle, le niveau d'accès dont bénéficient les chercheurs du gouvernement fédéral varie selon la région, le ministère et, souvent, le service auquel ils appartiennent dans ce ministère.
La Cyberbibliothèque scientifique fédérale offre une solution à ce problème. Elle transformera l'infrastructure de l'information S-T qui sous-tend la recherche et l'innovation au gouvernement fédéral en fournissant à tous les chercheurs, analystes de politiques et décideurs un accès continu et efficient à de l'information scientifique, technique et médicale, depuis leur poste de travail.
Ce projet permettra aux chercheurs du gouvernement du Canada de se rapprocher du cadre de recherche idéal : le travail en collaboration et le partage des connaissances avec des collègues oeuvrant aussi bien au gouvernement fédéral que dans les secteurs universitaire et industriel. Ils consacreront ainsi moins de temps à la recherche et à la vérification de renseignements, et plus de temps à l'élaboration de solutions à d'importants enjeux pour les Canadiens et les Canadiennes.
7. La Cyberbibliothèque scientifique fédérale ne profitera-t-elle qu'aux chercheurs?
L'objectif de la Cyberbibliothèque scientifique fédérale est de servir non seulement aux chercheurs, mais également à tous les autres employés du gouvernement. Plus précisément, elle renforcera la capacité des chercheurs, analystes de politiques, spécialistes de la réglementation et autres employés de réaliser les objectifs primordiaux du gouvernement du Canada dans des domaines tels que la santé, la biotechnologie, l'énergie, la protection de l'environnement et de la santé, la sécurité et la préparation aux situations d'urgence.
En plus de profiter aux chercheurs et à d'autres employés du gouvernement, l'approche de collaboration sur laquelle repose la Cyberbibliothèque optimisera l'utilisation de ressources documentaires limitées, éliminera des chevauchements inutiles de systèmes et transformera le processus actuel d'acquisition des droits d'accès aux revues électroniques pour tous les ministères fédéraux.
8. La négociation de droits d'accès à des revues électroniques auprès d'éditeurs n'est-elle pas un processus simple?
Le processus consistant à conclure et à maintenir des contrats de licence nécessite des ressources et compétences importantes en matière de négociations de la part de chaque bibliothèque ainsi que de Travaux publics et Services gouvernementaux Canada (TPSGC). Il n'y a pas de contrat de licence standard. Les éditeurs ayant chacun leur propre barème de prix, chaque négociation revêt un caractère particulier.
Depuis l'avènement des documents numériques, le nombre et le pouvoir des consortiums de bibliothèques se sont accrus, les bibliothèques s'étant rendu compte de la nécessité de collaborer pour négocier les prix et les droits d'accès. À l'heure actuelle, les bibliothèques fédérales négocient individuellement ces droits dans chaque ministère, ce qui restreint leur pouvoir de négociation auprès des monopoles d'éditeurs. Grâce à la Cyberbibliothèque scientifique fédérale, elles pourront négocier collectivement l'acquisition de licences d'accès à des revues électroniques depuis le poste de travail des employés, à l'échelle du gouvernement. Profitant ainsi du pouvoir de négociation du gouvernement fédéral tout entier, elles pourront obtenir les meilleurs prix possible auprès des éditeurs.